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Une bonne gestion des capitaux rend cette baisse inutile

Impressum: Herbert Brändli, B+B Prévoyance SA, Thalwil, Bon à Savoir (K-Tipp): 14 Janvier 2010. Télécharger le pdf.

Après une réduction à 6,8%, fondée sur des paramètres biométriques (prolongation de la durée de vie des assurés), nous devons aujourd’hui nous prononcer sur une nouvelle diminution qui ira progressivement jusqu’à 6,4%, par suite – cette fois – de prévisions du rendement des placements à la baisse. Certains prestataires se limitent d’ailleurs déjà, dans le régime surobligatoire, à un taux de conversion de 5,4%. Or, à titre de comparaison, un capital sans intérêts d’une durée de vingt ans se solde par un taux de conversion de 5%!

Ce que nous constatons, en tant que spécialistes dans le domaine, c’est qu’une bonne gestion économique des capitaux de prévoyance rend cette deuxième baisse inutile. Le législateur la justifie en effet par des taux d’intérêt «sans risque», qui ne peuvent même pas compenser l’inflation à long terme et détruisent constamment du pouvoir d’achat. La raison d’être économique des institutions de prévoyance est donc remise en question dans la mesure où ces forçats de l’épargne que sont les salariés actifs pourraient obtenir individuellement, à la longue, des rendements à un coût inférieur!

Dieu merci, la plupart des caisses de pension n’évoluent pas dans le corset étroit de la LPP. Prenons l’exemple pratique de notre fondation, Profond. Notre règlement prévoit qu’au lieu de réduire le taux de conversion à mesure que croît l’espérance de vie, les réserves servant de garantie au taux de conversion sont accrues constamment dans les proportions requises, par analogie à la procédure en usage dans les caisses obéissant au principe de la primauté des prestations. Ainsi, toutes les rentes sont entièrement financées avant le début de la durée. D’où la garantie qu’aucune répartition ne sera opérée des assurés actifs vers les bénéficiaires de rentes. Les revenus générés par les réserves mathématiques couvriront l’accroissement de l’espérance de vie des retraités et les revalorisations éventuelles de leurs rentes.

Les réserves servant de garantie au taux de conversion sont financées par les revenus des placements. Une quote-part d’actions de 25 % suffit amplement à assurer les besoins de financement supplémentaires à long terme. Depuis sa création, en 1990, Profond a réalisé un rendement moyen de 6 % en misant sur une quote-part d’actions de 50 %. Avec une stratégie d’investissement «sans risque» car peu rentable, les organismes de prévoyance ne pourront revendiquer en définitive que pour eux-mêmes le fait que leurs placements seront exposés à une volatilité moindre et qu’ils courront donc un risque moindre de découvert temporaire. Car ce faisant, ils sacrifieront à un semblant de sécurité l’intérêt primordial des bénéficiaires à percevoir à la retraite une rente de vieillesse digne de ce nom.


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